Le texte qui suit est asexué et intemporel. Le genre féminin utilisé est de pure forme . Il suffit de remplacer "elle" par "il", "féminité" par "ego" , "bottes" par "santiag" et enfin "Bartolomée Diaz" par "Amalia Rodrigues" ,le tout accompagné d'un petit effort de syntaxe pour le mettre au masculin.
Toute ressemblance avec des caractères et des personnages existants ayant ou devant exister est bien sur totalement fortuite !
La méchanceté...
Elle est belle, élégante... mais conne , d'une bêtise ordinaire qui lui sert de savoir-vivre.
Dans l'incapacité viscérale d'assumer ses envies, elle se cache, menant double vie, multipliant les identités pour trouver son compte dans l'assouvissement de petits destins lubriques et dérisoires.
Elle est capable, dans l'anonymat sulfureux d'un stupre débridé, de s'étendre, ouverte, sur le bureau d'un homme, comme la catin qu'elle est, au fond.
Sitôt passés ces moments pendant lesquels son esprit fonctionne enfin naturellement, elle file retrouver sa cour de jocrisses.
Elle n'a jamais mieux que ça, sa niaiserie acide ne lui permettant pas de faire illusion plus d'une paire d'heures devant une assemblée normale.
Malgré ses allures de gamine, elle n'a rien d'angélique.
Elle croit disposer d'une intelligence unique, alors qu'elle ne se rend même pas compte qu'elle ne dispose que d'une machine à ragots.
Elle aime rire volontiers, mais du rire gras d'une meneuse de revue du carreau du temple.
Elle adore les bottes !
Remarquable signe d'une personnalité 'amazonique' ? Non !
C'est seulement pour baliser l'estuaire d'une féminité au rabais.
Elle se mêle de tout !
Bien sûr de tout ce qu'elle n'a pas !
Son 'moi' est tellement aride, qu'elle a besoin, à tous les instants, de se tâter le pouls pour s'assurer qu'elle existe.
Parfois, angoissée, elle ne le trouve pas, mais c'est simplement qu'elle se tâte au mauvais endroit.
Autour d'elle gravitent, chaotiques, des astéroïdes secs et des géantes gazeuses, toujours nulles et souvent alcoolisées.
Il lui arrive, à son corps défendant, d'attirer un astre égaré, qui met quelques révolutions à se rendre compte qu'il s'est trompé, tel Bartolomé Diaz, d'amas stellaire, et qui ne manquera pas de s'éjecter sans autre forme de procès.
Mais il y a dans ses parages glauques, des silhouettes qui avancent, aimables ou serviles, ignorant la dague, souillée du sang des autres.
Là où la biologie achoppe, elle a réussi ses clones hybrides, conçus à part égale de Judas et de Ponce Pilate.
Le futur n'est pour elle qu'un présent d'occasions.
Mais elle se concentrera, comme toute mixture, jusqu'à devenir suffisamment instable pour se vaporiser dans une grande bouffée puante.
Les nitrates retombés, engraisseront alors le potager de l'humanité qui produira d'extraordinaires courges qui lui ressembleront.
Le Paon