09 février 2010

Le nouveau théâtre des gueux.


Dans l'impossibilité de sortir de la masse, et de se distinguer autrement que par un anonymat encore plus translucide que celui de son voisin de quignon, ils sont là, sur ce théâtre ouvert par la volonté de Thalès de Millet, Alessandro Volta et Joseph Thomson, qui a pour nom forum ou blog.
Le théâtre est en bas, à l'étage des commentaires.
Il faut les voir ces pékins, sexes entremêlés, débiter leurs vérités, brèves, au comptoir des restes à jeter. Pas une fois un éclair de réalisme ne les entraînerait au suicide!
Même cela est au-dessus de leur capacité de réflexion. Tous les âges sont présents.
Les âges mentaux s'entend, car pour ce qui est des âges biologiques, bien malin est celui qui percera victorieusement les voiles de la chirurgie.
Dans ce théâtre on ne parle pas. On écrit.
Essentiellement des formules creuses, des phrases bateau, et même parfois de vraies pures bêtises étincelantes comme des étrons ciselés.
Ce théâtre a ses conventions, ses usages, sa hiérarchie, sa cour et son jardin. Les costumes sont colorés, c'est leur signe distinctif. Quant aux gestes, ils n'ont rien d'héroïque, juste de quoi s'élever au-dessus du fond fangeux.
Dans ce théâtre on ne bouge pas.
Ni cour ni jardin, un seul coté, et une seule direction pour le défilement des égoïsmes.
Les acteurs véritables sont peu nombreux, mais quelque fois soumis aux envies d'un metteur en scène professionnel.
Cela change-t-il quelque chose ?
Jamais !
Le peuple d'en bas, celui de la scène s'en moque. Il n'est là que pour exister quelques minutes, une heure ou deux, avant de retrouver ses charentaises éculées, son intérieur glacé ses avatars minables et ses cuisants échecs sociaux.
Ce théâtre est une nouvelle cour des miracles, ou les borgnes sont rois, les aveugles écrasés et les mal comprenant ignorés superbement.
Ce théâtre est une pale copie de la nouvelle vie moderne.

Vide de sens et pauvre d'esprit.
Le mensonge y est un art et la bêtise une distinction.

26 mars 2007

Quand la musique est bonne...


Cette période est unique !
Tous les matins, je me pavane dans mes allées, roue au vent, le port altier, devant mes femelles qui palabrent en pouffant, et je rejoins mes amis de basse-cour pour la synthèse des nouvelles fraîches.
Pour être paon on n'en est pas moins attaché au monde, et j'avoue être friand de bruits, nouvelles et autres diatribes. D'ailleurs, le signal de mon réveil est toujours donné par un homme, qui chronique à tour de bras sur une radio publique émettant, excusez du peu en modulation de fréquence.
Suivant le réglage de l'appareil, et le respect des programmes de cette chaîne, je tombe, soit sur la fin du bulletin météo, soit sur la bave de Guy Carlier !
Ah ce Guy Carlier !
Il est au monde chronico-journalistique ce que la flaque de gras est au bouillon de boeuf .
Il tache ou dégoûte, souvent les deux.
Toujours à l'affût du bon mot, de la formule pâteuse, de la flèche rouillée.
Il a quand même du mérite, je lui reconnais ça au moins, c'est d'avoir sérieusement maigri, en public et en librairie, sans m'aigrir davantage. J'en avais déduit, entre deux cris, qu'il m'avait saturé dès son premier mot.
On ne peut pas aimer tout le monde, et son père, disait un de mes anciens qui finit sur un ravissant chapeau au grand prix de l'arc de triomphe.
Être pris pour un con a deux avantages immédiats (je ne parle plus de Guy, mais de moi, volatile pédant). Le premier c'est de savoir que, momentanément, l'on se trouve dans un groupe parfaitement identifié, et le second c'est de pouvoir en parler sans gêne.
Et ces temps-ci je suis, nous sommes, vous êtes pris pour des cons.
Plus personne ne sait rien !
Quelques gourous nous rabâchent à longueur de manifestations zénithales ce qu'il faut que nous sachions !
Car nous sommes des ploucs, des ignares, des cons pour parler net.
La fonte de nos économies ? Nous n'en savions rien !
L'érosion de nos retraites ? Pas plus !
Notre Hymne national ? Alors là, excusez moi mais c'est le bouquet !
Il parait que, si la musique est bonne (air connu), les paroles seraient atroces, cruelles, dénuées de poésie et particulièrement offensantes pour le dernier con venu, bref à la limite de la déclaration de guerre.
Pendant longtemps, j'avais remarqué que les gens du dessus (proches ou en plein ISF), pris en flagrant délit de gros plan (parfois de gros plant au salon de l'agriculture), chantaient du bout de la luette, des paroles approximatives.
Je me suis laissé dire qu'il y a même des gens, de ceux qui promeuvent des idées de tout type, qui auraient lâché, un soir de cuite que ce chant était nul.
Moi je le connais bien, parce que lorsque j'eus éclos un jour de printemps, c'est la première musique 'a capela' qui entra dans mes tympans. C'était le gardien de l'enclos, il ne chantait qu'un seul couplet, toujours le même :

Quoi ! Des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! Des phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers !
Dieu ! Nos mains seraient enchaînées !
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Aux armes, citoyens ! Etc.

Avouez que pour un chant nul ça décoiffe un peu !
Mon aigrette en est toute vibrante.
Et puis entre nous, je ne vois pas ce que ça a de plus indécent, se motiver pour défiler, ou appeler dieu pour sauver la Reine ?

12 février 2007

Segossine


Sortie dans le 'gruppetto1' de sa promotion de l'ENA, elle a eu, telle Bernadette2, une révélation.
Dieu la montrait du doigt !
Non pas pour stigmatiser le fait qu'elle eut osé mettre son père au tribunal au motif de non réalisation de promotion estudiantine3, ceci n'étant pas du ressort du divin, mais parce qu'elle était l'élue !
Ah ! Être l'élue ! Quel bonheur !
Elle avait dû faire face à de nombreux handicaps, embuches et pièges disposés sur sa route. En plus de sa condition de femme, qui comme chacun sait est une condition on ne peut plus difficile, elle avait eu à faire face au lourd handicap de n'être ni ouvrière, ni sans qualification, ni sans avantages, ni sans fins de mois, et ceci pour représenter dignement les prolos. Vous me direz, mais comment peut-on connaitre quoi que ce soit des matins fiévreux et de l'angoisse du dernier billet de vingt euros pour faire les courses de fin de semaine ?
Simple mon cher Watson !
Par l'analyse !
Ségossine utilise un principe simple, celui de l'AAM.
C'est un système multicouche, polyvalent, peu gourmand en ressources et qui a l'avantage d'être flou et parfaitement plastique.
L' AAM4, est largement utilisée comme décor de salles vides en mauvais état, et à fortiori pour le remplissage d'idées creuses.
Elle en a bien besoin Ségossine !
Moyenne en tout depuis le début, elle ne doit qu'à son statut d'ancienne de promo le fait d'être aujourd'hui sur le devant de la scène. Son challenge : faire le maximum avec rien !
Elle y excelle !
Elle possède une qualité, rare chez l'humain en général, celle de faire des bêtises sans cambrer. Comme elle confond tout, elle mélange avec allégresse les hommes, les partis, les dogmes et les cultures.
C'est une révélation de ce que la société peut faire en matière de personnalité virtuelle. L'avantage qu'elle en tire c'est d'être en perpétuelle découverte.
Le plus remarquable, c'est qu'elle a des groupies ! Parmi les meilleures, de celles qui badent, qui applaudissent à chaque frémissement de genou, qui se pâment à chaque tremollo très mollo. On en compte ces jours-ci quelques milliers, qui se reconnaissent entre-eux grâce à un superbe étendard sur lequel on peut lire :
'Désir d'avenir', et en sous-titre à l'encre sympathique : ' Vive moi !'.

Notes :
1Dans le cadre du cyclisme, en particulier pour les grandes épreuves comme le Tour de France, un gruppetto désigne le dernier peloton pendant l'ascension des grands cols.(Wikipedia)
2Soubirous bien sûr!
3Madame Royal, Ed Jacob Duvernet, 2005.
4 AAM=Analyse Assistée par les Militants.

04 janvier 2007

L'affront national

Il est raide, campé sur ses pieds comme un notaire du 19 ème1 qui se soulagerait contre un mur.Il est vieux, mais les progrès de la science, combinés à ceux de la chimie l'aident à saisir encore la différence entre le haut et le bas.
Il est myope, mais endurant.
Ça doit bien faire trente balais qu'il astique ses inusables concepts de 'ghettomatique' appliquée.
On peut lui faire tous les reproches possibles sauf un : celui d'avoir changé un iota de la base de son analyse ! Il se tient toujours serré contre ses idées féodales, héroïque tenant d'une lignée saine et sauve, qui a réussi à éviter les invasions. L'un de ses ascendants devait forcément se trouver au nord de Poitiers, pendant que Charles ferraillait contre les sarrasins vers 732.
Il dérive !
C'est nouveau !
L'espace se mouvrait lentement vers la gauche !
Avant de brandir le 'rasoir d'Ockham2', souvenons-nous de cette vérité : '...admettons qu'il faille parfois croire et non savoir!'3, et expliquons :
Il existerait une tectonique nouvelle qui déplacerait l'intégralité de la densité humaine de la droite vers la gauche.
Par rapport à quoi ? Ah oui bien sûr, bonne question !
Mais par rapport à un plan fixe de symétrie pardi !
Vous me rétorquerez, je vois déjà votre sourire, que s'il y a déplacement relatif du plan par rapport au monde, il y a fort à parier que la symétrie soit perdue dès le début.
Soit ! Ne compliquons pas inutilement la démonstration.
De fait cette théorie justifie le recentrage des droitiers et le confinement des gauchers encore plus à l'extrême.Mais quel avantage ! Vous ne voyez pas ? Les confins de l'univers les plus à droite se trouveraient, à l'insu de tous les observateurs hypnotisés par les scores de la Star'Ac, gentiment placés au centre ! Au centre droit plus exactement, un emplacement provisoire qui abrite un nid d'hésitants.
Dans cet emplacement on se salue, on se parle, on s'épie courtoisement, on se tolère, on s'invite, en tout cas on ne se piétine pas en public. C'est autre chose que l'ornière qui tache avec de l'affront national !
Amis des basses cours, je vous le dit : la physique, quelle soit Newtonienne, quantique ou même de culture, ne dit rien sur cet avatar sidéral !
Le monde ne se déplace pas, enfin pas comme ça ! Le seul plan de symétrie connu passe par l'équateur et ne sert qu'a vérifier les propositions de Gaspard-Gustave Coriolis, et aucune de ses propositions ne fut politique.
Restons calmes donc.
Continuons à ouvrir nos plumes (pour ceux qui en ont) et passons aux pertes et profits ce représentant de l'échiquier.

1Siècle bien entendu.
2Le rasoir d'Ockham (ou d'Occam) est un principe de raisonnement que l'on attribue au moine franciscain et philosophe Guillaume d'Ockham (XIVe siècle), mais qui était connu et formulé avant lui : « Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité » ( pluralitas non est ponenda sine necessitate).
3Conan Doyle 'Contact'
L'image est : Corioliskraftanimation.gif

18 décembre 2006

Faut bien commencer par quelqu'un ! Pourquoi pas elle ?

Pour obtenir une réponse, il n'est nul besoin de poser de question.
Il suffit simplement de dire quelque chose du genre : 'Je pense que...'.
Avec ce début de phrase tout est possible, y compris d'interroger.
A partir de maintenant et pour quelques semaines à venir, beaucoup de grands, d'esthètes, voire de spécialistes vont envoyer cette sentence : 'Je pense que...' dans les esgourdes du populo.
Il y a de quoi réveiller un Paon non ? Je pense qu'(1) il faut rajouter au brouhaha ambiant le cri de ce volatile qui sait mieux que quiconque faire la roue.
Aujourd'hui, honneur aux dames, ses parures caudales vont s'intéresser à Madame Royal (dont on ne connaît pas encore tout du palais).
En effet, cette dame respectable, auto-investie, d'une destinée nationale (l'internationale lui demandant encore un peu de formation) fait ce qu'elle peut pour se placer.
Mais il y a quand même, dès l'abord du sujet un hiatus de poids !
Je m'explique Léon(2) !
Représentante du peuple de gauche, qui vote quand même à droite quand il a peur, elle a mis sous sa protection axiliaire les gens d'en bas, ceux qui habitent le pays de même métal, mais qui ne s'étaient pas trouvés, quand J-P Raffarin les avait sonnés. Cette masse de personnes qui vit à la dure, serre ses fins de mois, chipote pour les cadeaux de fin d'année et regarde fondre comme neige au soleil ses maigres subsides a choisi !
Dans ma candeur aviaire, j'avais pensé que la meilleure représentation pour eux fut celle d'un Besancenot, d'une Arlette ou éventuellement d'une Buffet(3) .
Ben non ! Pour représenter leurs aspirations, il s'est trouvé à 60 % et quelques broutilles, un bloc d'imbéciles qui a choisi une capitaliste, bourgeoise, gérante d'une SCI au capital de 914.694,01 euros, dont le conjoint, par ailleurs grand manitou du parti est également au bureau directorial.
En d'autres temps on eut crié au scandale, au coup d'état, à la dictature voire à la mafia !
Mais non, tout baigne au parti.
Parfois j'ai un doute sur la signification de PS, qui pourrait singulièrement se traduire par 'Panurge Système'!
Mais attention bonne gens ! Je n'ai rien contre le capital, ma propre basse cour possédant plusieurs femelles de rapport.
Mais je m'interroge Léon !
Je me demande ce que cette dame sait des fins de mois, des débits en banque, des renvois de chèques, des calculs savants précédant le remplissage du cabas, du pointage ANPE, du handicap des gosses quittant le collège parfaitement illettrés, des retraites exsangues, et des points de permis qui s'évaporent supprimant du même coup le boulot en cours.
Probablement, et même sûrement rien !
Mais il ne faut pas être troublé par cela électeurs du troupeau !
Etre aujourd'hui en marge des sujets que l'on traite est un lieu commun en politique.
Il suffit d'écouter Douste(4) !
J'ai aussi, entre deux parades amoureuses (et par ces temps de froidure il faut être un sacré male pour courir la femelle givrée !), lu un peu l'actualité de cette dame.

Juste pour le plaisir, allez !

Pour encourager la création d'entreprises :
«Il faut effrayer les capitalistes », (je ferai) « bientôt des propositions précises sur ce sujet ».
Le Times (13 Octobre 2006)
Ca c'est une sacré référence !
"A gauche, les socialistes ont choisi Ségolène Royal. Elle incarne une gauche libérale qui tourne le dos aux classes populaires"
(Clémentine AUTAIN Adjointe apparentée communiste au maire de Paris Déclaration, samedi 18 novembre). Source: Nouvel Observateur.
Les copains d'abord... :
«On va faire avec, j’ai déjà fait une campagne avec des affiches d’un candidat qui n’était pas le mien».
Jean-Paul HUCHON Président de la région Ile de France à l’issue de la désignation de Ségolène Royal comme candidate du PS aux élections présidentielles :(Canal +, Dimanche +, le 20.11.06).
Alain ETCHEGOYEN. Ancien conseiller de Claude Allègre au ministère de l'Education Nationale. Il vient de publier "Votre devoir est de vous taire". Il consacre un chapitre à ses relations avec Ségolène Royal :
"Une expérience qui restera parmi les deux ou trois plus décevantes et plus pénibles que j'ai faites dans ma vie politique".
Il dénonce un personnage "parasité par les questions d'image, qui l'obsèdent" et la difficulté de travailler avec elle "J'ai toujours eu du mal à aborder les questions de fond avec Ségolène Royal qui ne pensait que faire des coups".
Pour finir la page :
"Les propositions de Mme Royal sont peut-être au premier abord populaires, mais si on réfléchit un peu on voit que le paquet est plus beau que le cadeau"
Michel CHARASSE
Ancien ministre, sénateur du Puy de Dôme (socialiste).

Allez ! Regardez où vos mettez les pattes et faites un beau sapin... Léon !
1-Tiens ! Je vous le disais !
2-Phonétiquement mon cri de ralliement.
3-Le meuble et le peintre sont seuls au masculin.
4-Philippe Douste-Blazy, que j'appelle familièrement 'Douste', nos lieux de naissance n'étant distants que d'une quarantaine de kilomètres.

06 octobre 2006

A l'aide ! Les grenouilles sont encore dans les bénitiers !


Pour faire court, on coupait des têtes.
Puis on a amélioré le rendement en inventant les progromes, et bien d'autres finasseries administratives. Maintenant on possède la dénonciation anonyme assistée par ordinateur (DAAO).
Oui bonnes gens !
Il existe des lieux, appelés espaces (1) , vendus gratuitement à tout un chacun qui restent soumis au couperet du censeur anonyme (sûrement d'anciens des AA en rupture de pichet) qui sévissent sur dénonciation du même métal. Ces pauvres représentants d'une liberté conditionnelle ne sont pas à blâmer. Quoiqu'ils eussent pu trouver meilleure activité pour le plus grand bonheur des paumés en tout genre, ils appliquent bestialement des règles à peine douloureuses.
Non, ceux et celles qui sont blâmables, ce sont les puritaines (je fais très attention à placer le bon nombre de syllabes) et leurs compagnons s'ils existent.
Je me demande souvent, entre deux roues de mes plumes caudales, si ce ne sont pas plus souvent des "aines" que des "ains". La question est posée !
Une de mes amies du net avait eu déjà à subir en 2005 le couperet d'un apôtre du bien pensant électronique arborant fièrement le nom bidon de Mr Ron, pour avoir placé sur son espace quatre images quasiment pieuses, mais qui avaient eu le désagrément de déplaire à une quelconque pisse vinaigre en pleine crise d'urticaire cérébrale.
Moi-même, Le Paon, j'ai eu à subir les effets de la dénonciation anonyme d'un lecteur(trice), probablement sujet(te) à de fréquents mais trop rapides orgasmes littéraires. Ceci à son grand regret.
Mme Sheila, le clone en string de Mr Ron m'a indiqué que j'avais une poignée d' heures pour retirer les textes que vous trouvez ici, en particulier ceux sur "la méchanceté" et sur "les commères".
Le poseur de plainte (contrairement aux censeurs qui signent d'un pseudo), est un absent virtuel, il n'y a donc aucune indication sur l'origine, ce dont entre nous je me fiche éperduement.
L'anonymat est ici à sens unique, ce qui rappellera quelques grises périodes de l'histoire du monde. Hein ! Judas ?
A bien y réfléchir quand même, et sans que je hausse le ton, l'absence de cri, de lie, de loup, de chips, pourrait donner l'idée d'un rébus, solution à une interrogation.
Mais passons.
Le coté imbécile de cette action, dramatiquement idiote, saute aux yeux du premier quidam venu. Les textes, balayés, au nom d'un érythème fessier agressif sont, ici, disposés de nouveau librement à la lecture.
Vous qui venez me voir, ne cherchez point de bénitier à l'entrée! Il n'existe pas.
Ici les grenouilles sautent sur les crapauds et vice-versa selon la lune.

Le Paon

-1- Windows Live™ Spaces pour ne pas citer de marque, le bronzage s'en ressent.

Note : L'image qui illustre ce texte est "l'Homme Rouge" du sculpteur Robert Roussil. Cette monumentale oeuvre, contestée et censurée est actuellement exposée au Musée de Montréal.

02 octobre 2006

Les naïfs sont éternels...


Avant, il n'y avait rien.
Puis 'IL' arriva, alerté sans doute par un coup de fil anonyme, avec ses tours de passe-passe et tout devint comme aujourd'hui.
Maintenant il y a tout.
'IL' sont plusieurs, et tout est devenu compliqué. L'eau est suspecte, l'air n'en parlons pas, la terre nous échappe, et même le feu, purificateur s'il en est, a du mal à partir, tant l'humanité postillonne.
Une seule construction échappe à la loi de l'évolution universelle, (en fait plutôt deux) :
La bêtise, spatialement uniforme, y compris dans ses formes les plus hyperboliques, et la naïveté, ce sens primordial, hérité de l'amibe originelle, qui survit courageusement dans le fatras de nos connexions neuronales.
On a souvent l'occasion de se frotter à la première, quelques textes dans cet espace en ont montré des applications pertinentes. Faisons donc, pour celle-ci, notre deuil de toutes les tentatives de correction, d'amendement ou même, plus prosaïquement d'explication.
Mais la naïveté !
Quel inépuisable sujet de commerce !
Du haut de leur age respectable, combien ne trouve-t-on pas de naïfs ? Hein ! Un incalculable nombre.
Ces mêmes gens à qui l'on ne fait plus acheter d'encyclopédies obsolètes sur un pas de porte, et qui se méfient même du doré d'une croûte de pain, suspectant la boulangère d'une manipulation au E110(1) , tombent comme des figues trop mûres dans les pièges les plus grossiers.
Notre époque formidable propose un incroyable champ d'élevage, où se concentrent des lignées entières de 'naïfs vulgaris', variété commune et prolifique. Ce champ est le net, et plus particulièrement dans les salons de tchat, clubs de rencontre et autres forums virtuels.
Un des pièges les plus efficaces, est sans aucun doute celui qui consiste à faire croire à l'incroyable !
Pour une syllabe chuchotée en caractères italiques, pour un compliment tourné du bon coté, pour un mensonge pieux (dans ce cas il s'agit bien sûr de la variante argotique du lit), le (la) naïf (ve) mord voracement comme un gobie de retour de carême.
Mais attention ! Le naïf ne se ferre pas ! Jamais on ne tire un coup sec au risque de lui déchirer sa crédulité.
Il faut le laisser avaler la ligne entière, avec un plaisir non dissimulé (le mulet de retour de carême y prend aussi du plaisir).
Voir des gens béats sourire aux anges, devant des discours d'une vertigineuse bêtise, est toujours un sujet de méditation pour n'importe quel chaland du net.
Il suffit de parcourir quelques minutes, ces endroits de communion pour tomber sur des parties de pêche où le gros n'est pas toujours de rigueur.
Des filles se pâment, s'imaginent au top, se croient belles, minces, intelligentes, uniques, en bref désirables, buvant goulûment d'incroyables mots qu'en d'autres moments elles eurent dégagé d'un coup de chasse d'eau.
Des garçons sur le déclin se tordent, s'imaginent en étalon, se disent universellement philosophes, et débitent en s'y croyant des truismes à faire vomir.
D'autres, timides voyeurs, se sentent euphoriques et entraînés un instant dans la lecture des palabres se croient vivants.
Au moins la naïveté sert à quelque chose, tant qu'il n'est pas question d'y joindre les espèces.
Comme le changement d'herbage, elle réjouit les veaux.
Avec des sous en plus, le naïf devient con, et là c'est une autre paire de manches.

(1)- sel disodique de l'acide hydroxy-2 (sulfo-4 phénylazo)-1 naphtalènesulfonique-6

Le Paon