26 mars 2007

Quand la musique est bonne...


Cette période est unique !
Tous les matins, je me pavane dans mes allées, roue au vent, le port altier, devant mes femelles qui palabrent en pouffant, et je rejoins mes amis de basse-cour pour la synthèse des nouvelles fraîches.
Pour être paon on n'en est pas moins attaché au monde, et j'avoue être friand de bruits, nouvelles et autres diatribes. D'ailleurs, le signal de mon réveil est toujours donné par un homme, qui chronique à tour de bras sur une radio publique émettant, excusez du peu en modulation de fréquence.
Suivant le réglage de l'appareil, et le respect des programmes de cette chaîne, je tombe, soit sur la fin du bulletin météo, soit sur la bave de Guy Carlier !
Ah ce Guy Carlier !
Il est au monde chronico-journalistique ce que la flaque de gras est au bouillon de boeuf .
Il tache ou dégoûte, souvent les deux.
Toujours à l'affût du bon mot, de la formule pâteuse, de la flèche rouillée.
Il a quand même du mérite, je lui reconnais ça au moins, c'est d'avoir sérieusement maigri, en public et en librairie, sans m'aigrir davantage. J'en avais déduit, entre deux cris, qu'il m'avait saturé dès son premier mot.
On ne peut pas aimer tout le monde, et son père, disait un de mes anciens qui finit sur un ravissant chapeau au grand prix de l'arc de triomphe.
Être pris pour un con a deux avantages immédiats (je ne parle plus de Guy, mais de moi, volatile pédant). Le premier c'est de savoir que, momentanément, l'on se trouve dans un groupe parfaitement identifié, et le second c'est de pouvoir en parler sans gêne.
Et ces temps-ci je suis, nous sommes, vous êtes pris pour des cons.
Plus personne ne sait rien !
Quelques gourous nous rabâchent à longueur de manifestations zénithales ce qu'il faut que nous sachions !
Car nous sommes des ploucs, des ignares, des cons pour parler net.
La fonte de nos économies ? Nous n'en savions rien !
L'érosion de nos retraites ? Pas plus !
Notre Hymne national ? Alors là, excusez moi mais c'est le bouquet !
Il parait que, si la musique est bonne (air connu), les paroles seraient atroces, cruelles, dénuées de poésie et particulièrement offensantes pour le dernier con venu, bref à la limite de la déclaration de guerre.
Pendant longtemps, j'avais remarqué que les gens du dessus (proches ou en plein ISF), pris en flagrant délit de gros plan (parfois de gros plant au salon de l'agriculture), chantaient du bout de la luette, des paroles approximatives.
Je me suis laissé dire qu'il y a même des gens, de ceux qui promeuvent des idées de tout type, qui auraient lâché, un soir de cuite que ce chant était nul.
Moi je le connais bien, parce que lorsque j'eus éclos un jour de printemps, c'est la première musique 'a capela' qui entra dans mes tympans. C'était le gardien de l'enclos, il ne chantait qu'un seul couplet, toujours le même :

Quoi ! Des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! Des phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers !
Dieu ! Nos mains seraient enchaînées !
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Aux armes, citoyens ! Etc.

Avouez que pour un chant nul ça décoiffe un peu !
Mon aigrette en est toute vibrante.
Et puis entre nous, je ne vois pas ce que ça a de plus indécent, se motiver pour défiler, ou appeler dieu pour sauver la Reine ?

12 février 2007

Segossine


Sortie dans le 'gruppetto1' de sa promotion de l'ENA, elle a eu, telle Bernadette2, une révélation.
Dieu la montrait du doigt !
Non pas pour stigmatiser le fait qu'elle eut osé mettre son père au tribunal au motif de non réalisation de promotion estudiantine3, ceci n'étant pas du ressort du divin, mais parce qu'elle était l'élue !
Ah ! Être l'élue ! Quel bonheur !
Elle avait dû faire face à de nombreux handicaps, embuches et pièges disposés sur sa route. En plus de sa condition de femme, qui comme chacun sait est une condition on ne peut plus difficile, elle avait eu à faire face au lourd handicap de n'être ni ouvrière, ni sans qualification, ni sans avantages, ni sans fins de mois, et ceci pour représenter dignement les prolos. Vous me direz, mais comment peut-on connaitre quoi que ce soit des matins fiévreux et de l'angoisse du dernier billet de vingt euros pour faire les courses de fin de semaine ?
Simple mon cher Watson !
Par l'analyse !
Ségossine utilise un principe simple, celui de l'AAM.
C'est un système multicouche, polyvalent, peu gourmand en ressources et qui a l'avantage d'être flou et parfaitement plastique.
L' AAM4, est largement utilisée comme décor de salles vides en mauvais état, et à fortiori pour le remplissage d'idées creuses.
Elle en a bien besoin Ségossine !
Moyenne en tout depuis le début, elle ne doit qu'à son statut d'ancienne de promo le fait d'être aujourd'hui sur le devant de la scène. Son challenge : faire le maximum avec rien !
Elle y excelle !
Elle possède une qualité, rare chez l'humain en général, celle de faire des bêtises sans cambrer. Comme elle confond tout, elle mélange avec allégresse les hommes, les partis, les dogmes et les cultures.
C'est une révélation de ce que la société peut faire en matière de personnalité virtuelle. L'avantage qu'elle en tire c'est d'être en perpétuelle découverte.
Le plus remarquable, c'est qu'elle a des groupies ! Parmi les meilleures, de celles qui badent, qui applaudissent à chaque frémissement de genou, qui se pâment à chaque tremollo très mollo. On en compte ces jours-ci quelques milliers, qui se reconnaissent entre-eux grâce à un superbe étendard sur lequel on peut lire :
'Désir d'avenir', et en sous-titre à l'encre sympathique : ' Vive moi !'.

Notes :
1Dans le cadre du cyclisme, en particulier pour les grandes épreuves comme le Tour de France, un gruppetto désigne le dernier peloton pendant l'ascension des grands cols.(Wikipedia)
2Soubirous bien sûr!
3Madame Royal, Ed Jacob Duvernet, 2005.
4 AAM=Analyse Assistée par les Militants.

04 janvier 2007

L'affront national

Il est raide, campé sur ses pieds comme un notaire du 19 ème1 qui se soulagerait contre un mur.Il est vieux, mais les progrès de la science, combinés à ceux de la chimie l'aident à saisir encore la différence entre le haut et le bas.
Il est myope, mais endurant.
Ça doit bien faire trente balais qu'il astique ses inusables concepts de 'ghettomatique' appliquée.
On peut lui faire tous les reproches possibles sauf un : celui d'avoir changé un iota de la base de son analyse ! Il se tient toujours serré contre ses idées féodales, héroïque tenant d'une lignée saine et sauve, qui a réussi à éviter les invasions. L'un de ses ascendants devait forcément se trouver au nord de Poitiers, pendant que Charles ferraillait contre les sarrasins vers 732.
Il dérive !
C'est nouveau !
L'espace se mouvrait lentement vers la gauche !
Avant de brandir le 'rasoir d'Ockham2', souvenons-nous de cette vérité : '...admettons qu'il faille parfois croire et non savoir!'3, et expliquons :
Il existerait une tectonique nouvelle qui déplacerait l'intégralité de la densité humaine de la droite vers la gauche.
Par rapport à quoi ? Ah oui bien sûr, bonne question !
Mais par rapport à un plan fixe de symétrie pardi !
Vous me rétorquerez, je vois déjà votre sourire, que s'il y a déplacement relatif du plan par rapport au monde, il y a fort à parier que la symétrie soit perdue dès le début.
Soit ! Ne compliquons pas inutilement la démonstration.
De fait cette théorie justifie le recentrage des droitiers et le confinement des gauchers encore plus à l'extrême.Mais quel avantage ! Vous ne voyez pas ? Les confins de l'univers les plus à droite se trouveraient, à l'insu de tous les observateurs hypnotisés par les scores de la Star'Ac, gentiment placés au centre ! Au centre droit plus exactement, un emplacement provisoire qui abrite un nid d'hésitants.
Dans cet emplacement on se salue, on se parle, on s'épie courtoisement, on se tolère, on s'invite, en tout cas on ne se piétine pas en public. C'est autre chose que l'ornière qui tache avec de l'affront national !
Amis des basses cours, je vous le dit : la physique, quelle soit Newtonienne, quantique ou même de culture, ne dit rien sur cet avatar sidéral !
Le monde ne se déplace pas, enfin pas comme ça ! Le seul plan de symétrie connu passe par l'équateur et ne sert qu'a vérifier les propositions de Gaspard-Gustave Coriolis, et aucune de ses propositions ne fut politique.
Restons calmes donc.
Continuons à ouvrir nos plumes (pour ceux qui en ont) et passons aux pertes et profits ce représentant de l'échiquier.

1Siècle bien entendu.
2Le rasoir d'Ockham (ou d'Occam) est un principe de raisonnement que l'on attribue au moine franciscain et philosophe Guillaume d'Ockham (XIVe siècle), mais qui était connu et formulé avant lui : « Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité » ( pluralitas non est ponenda sine necessitate).
3Conan Doyle 'Contact'
L'image est : Corioliskraftanimation.gif